Voila comment l'ordre participe à la reconnaissance de notre

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Re: Voila comment l'ordre participe à la reconnaissance de notre

Messagede Didier LANTZ le Lun 20 Oct 2008 20:28


C'est exact, la licence n'ouvre pas automatiquement les portes du master mais si les résultats sont là il est possible de pousser la porte.
Ensuite la licence pro ne donne pas forcément une reconnaissance bac+3 dans les grilles de salaires. C'est bien pour cela, et uniquement cela, que notre administration et nos politiques refusent autre chose que la licence pro car la France est archaïque en ce qui concerne les salaires. Ils sont liés à un niveau de diplôme ou à la reconnaissance du lieu des études (polytechnique pour les ingénieurs) et non à la valeur des compétences.
Puis l'objectif n'est pas d'obtenir une licence alors que depuis 20 ans les étudiants en kinésithérapie font 4 années d'études.
Didier LANTZ
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Re: Voila comment l'ordre participe à la reconnaissance de notre

Messagede Paul le Mar 21 Oct 2008 15:30

Bonjour,

je m'interroge sur la stratégie qui consiste à se ruer vers l'université avec toutes les autres professions de santé et devoir jouer des coudes alors qu'on a un tout petit "gabarit".

Je ne nie pas l'intérêt de la réingéniérie de la formation vers le mode curriculaire LMD bien au contraire mais je trouve paradoxal de chercher à affirmer une identité et une discipline kinésithérapique en se fondant dans un grand tout qui va probablement plus uniformiser que diversifier... Ne risquons nous pas de renier au passage une partie de notre histoire ?

N'aurait-on pas plutôt intérêt à collaborer avec le Conservatoire Nationale des Arts et Métiers (CNAM) cf http://www.cnam.fr ? (ne serait-ce déjà qu'au plan symbolique!).

Sa culture de la professionnalisation et ses capacités d'adaptation pourraient nous permettre de co-construire des parcours et des titres reconnus au Registre National des Compétences Professionnelles (RNCP) - cf. http://www.cncp.gouv.fr/CNCP/index.php?cncp=rncp.

Le dispositif du CNAM est aussi particulièrement adapté aux actifs (cours du soir, FOAD, possibilité d'étalement du cursus dans le temps, capitalisation d'UE) donc à la réalité des parcours de vie des soignants.
En admettant que des garanties de valorisation à terme soient instaurées (poste, statut), c'est bien beau de pouvoir accéder à un Master mais faut-il encore pouvoir payer le prix d'un tel engagement (disponibilité, argent, famille...). Il faut de la souplesse à ce sujet pour permettre au plus grand nombre de "grandir".

L'enjeu ne serait-il pas plutôt de négocier auprès du Ministère via le HCPPM l'élargissement des prérogatives des IFMK pour leur permettre de créer et piloter des certificats de compétences post-DE reconnus en niv II au RNCP en collaboration de proximité avec les CNAM régionaux, les CRO, les universités et les organismes de formation continue (il ne faut pas renier au passage notre propre ingéniérie de formation.. elle a du mérite).

Obtenir cette possibilité de réingéniérie en semi-autonomie du cursus post-DE donnerait de la souplesse, permettrait la créativité et l'innovation en cohérence avec l'existant sur les territoires.

L'intérêt du partenariat avec le CNAM est de positionner la réingéniérie selon le paradigme de la formation curriculaire (ils savent faire depuis longtemps), de garder une logique de professionnalisation plutôt que d'universitarisation et enfin cela serait une occasion inédite d'opérer un sevrage de la "paternité médicale" au plan de la formation.(Le médecin reste et restera notre référent et c'est bien comme cela... mais doit-il l'être aussi en terme de formation ??!! Moi je ne crois pas)

Tout cela souligne qu'il faut penser une politique globale de l'ingéniérie de notre formation et ne pas commettre l'erreur déjà commise par l'Ordre de vouloir plaquer un système d'organisation qui ne correspond pas à notre identité, à notre démographie et à nos besoins à court, moyen et long termes.

La finalité est de gagner en performance des soins donc en reconnaissance de la kinésithérapie par l'ensemble des patients et des partenaires socio-professionnels.

Le but de notre stratégie de développement de la kiné doit être d' AUGMENTER NOTRE AUTONOMIE PROFESSIONNELLE DANS LE DEVELOPPEMENT DES COMPETENCES, DE LA DEMARCHE QUALITE, DE L'EVALUATION & LA RECHERCHE ET DE L'INGENIERIE DE FORMATION.

...

En référence avec le conflit des salariés avec l'Ordre, je vais tenter d'illustrer mon propos et faire comprendre la portée globale d'un telle stratégie :

S'il est effectivement absurde de croire que les salariés auront du pouvoir un jour au sein de l'Ordre, on peut légitimement croire qu'on aura besoin des salariés pour refondre l'ingéniérie de la formation et pour d'autres choses encore. Le savoir expérentiel ne se transmet pas comme cela d'un coup de baguette magique !

Quid de la professionnalisation des tuteurs de stage en libéral ? ... qui sera apte à les former alors qu'on s'attend à une pénurie de formateurs en IFMK ?

IMAGINONS, le concept jusqu'au bout :

OBJ: Professionnalisation de la fonction Tutorat en kiné :

Création par un IFMK d'un certificat de compétence post DE mention "Tuteur en kinésithérapie" de niveau II inscrit au RNCP qui permettrait de professionnaliser la fonction Tutorat donc l'accompagnement des stagiaires y compris en libéral et prétendre à une valorisation statutaire et financière pour les professionnels qui assumeraient cette responsabilité.

Moyens :
- partenariat avec la chaire Formation des Adultes du CNAM pour adaptation du cursus Licence STS "Formateurs d'Adultes" (http://formation.cnam.fr/xaffiche_diplo ... =LG010%237)
- dispensation par les IFMK de modules de mise à jour des connaissances et pratiques en kiné, de méthodologie d'accompagnement et d'évaluation des étudiants,
- partenariat avec l'université pour l'acquisition modulaire de la méthodologie d'accompagnement du mémoire de fin d'études dont on sait aujourd'hui que sa qualité va devoir augmenter depuis les modification des épreuves du DE.
- stage pratique en libéral à l'hôpital ou en IFMK sous la reponsabilité d'un cadre de santé.
. Accès à la VAE valorisant notamment l'expérience des kinés salariés.

Débouchés :
- création d'un statut intermédiaire de kinés praticiens-tuteurs qui seraient référents pour la formation des stagiaires en hôpital et/ou en libéral. (attribution d'allocations de formation par les Agences Régionales de Santé). (Rémunération eq. Bac+3)?
Le tuteur travaillerait en collaboration avec les cadres de santé (IFMK, Unité de soins). Il pourrait avoir la responsabilité d'encadrer et de former des kinés praticiens non tuteurs qui pourraient eux aussi accompagner des étudiants sous sa reponsabilité ? Un praticien-tuteur certifié pourrait faire passer des validations de stage en libéral, et en salarié et être au jury de DE au même titre qu'un cadre de santé ou un médecin ?

Passerelles :
- vers le diplôme d'Etat de la fonction Cadre de Santé (IFCS) puis éventuellement Directeur de soins (ENSP)
- vers le diplôme CNAM de Responsable de formation d'adultes (niv.II Bac+4/M1) puis M2 et Doctorat en ingéniérie de la formation (CNAM : cf.http://www.cnam.fr/formation-adultes/en ... plomes.htm)

Intérêts :
- augmentation l'attractivité des hôpitaux par la qualité de la formation des stagiaires,
- accès des kinés libéraux au tutorat des étudiants sur des stages longs et en jury des épreuves validantes
- valorisation de l'expérience des salariés en terme de tutorat
- réponse indirecte aux besoins en formateurs (positionnement dans le cursus Cadre de santé ou la licence formateurs d'adulte du CNAM)
- répondre à l'enjeu d'augmenter la qualité des mémoires de fin d'études des étudiants étant donné les nouvelles dispositions du DE.
- reconnaître le tutorat comme une singularité de notre identité professionnelle.



En dehors de la formation, on pourrait décliner cette approche par expertise dans les domaines de la clinique, de la qualité, de l'ergonomie, de l'insertion des handicapés, du sport, de la prévention, des nouvelles technologies et réalité virtuelle....

Le cumul de certificats faciliterait aussi la logique de valorisation et potentialiserait les possibilités d'obtenir des postes par assimilation.
ex1: praticien + expert clinicien + tuteur (=formateur intervenant en IFMK en formation initiale ou en certification post-DE)
ex2: praticien + expert qualiticien + tuteur (=formateur d'accompagnateurs EPP)
ex3: praticien + CDS Enseignant (=formateur de tuteurs MK)

La logique de la multicompétence favorisant l'employabilité ainsi que l'accès à plusieurs voies et passerelles de formation vers des Masters 2 et Doctorat dans l'un ou l'autre des domaines et en cohérence avec les besoins du terrain ?

Notre représentation de notre profession doit considérer que la fonction FORMATION est inhérente à notre corps de métier elle doit se décliner à plusieurs niveaux. La fonction TUTORAT est un levier intéressant pour booster les compétences.

Nos représentants doivent porter au plus haut niveau des propositions concrètes qui s'articulent avec celle du rapport BERLAND.

Les leviers stratégiques doivent s'incrire dans la complexité et le constructivisme.

Nous devons mener un combat des idées avec l'Ordre... et lui montrer qu'on peut dire OUI si nos idées passent car là est la valorisation d'une cotisation ordinale. Nos idées passeront si elles sont pertinentes et si elles répondent à l'intérêt de tous. (Synergie)

Bien à vous

Paul
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Re: Voila comment l'ordre participe à la reconnaissance de notre

Messagede HAC le Mer 22 Oct 2008 07:48

il n' y a pas que les salariés qui sont en conflit avec l'ordre paul

(ceci paul fait reference a ta phrase soulignée dans ton texte, et je me devais de rectifier.....)

sinon belle reflexion
PAYER POUR TRAVAILLER? JAMAIS!!
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Re: Voila comment l'ordre participe à la reconnaissance de notre

Messagede Didier LANTZ le Mer 22 Oct 2008 13:52


Exact il y a aussi des libéraux!

Concernant la formation:
- La stratégie de se ruer vers l'université, indépendamment du niveau universitaire qui est négociable dans le monde entier sur le modèle du LMD, obtenir des études gratuites car nous sommes une profession au service des autres, en particulier des patients, comme les infirmiers-ères et les médecins, pour éviter d'entrer dans la vie active avec plusieurs dizaines de milliers d'euros de passif, paraît non seulement logique mais raisonnable. De plus, études gratuites, clinicat pour obtenir un master égal travail d'études en structure hospitalière avec développement de la recherche en kinésithérapie et peut-être renouveau d'un intérêt pour une carrière comme salarié. C'est mieux que d'être obligé de travailler 2 ou 3 ans comme salarié après des études payantes comme le demande les représentants des établissements!

- Partenariat avec le CNAM, certes, oui, pourquoi pas, certains d'entre nous ont un cursus au CNAM et peuvent poursuivre et collaborent. Mais tant que nous ne sommes pas reconnus avec un niveau universitaire qui implique la reconnaissance d'un parcours y compris diversifié dans une évolution de carrière, cela ne sert à rien. Cela fait 20 ans que des
kinésithérapeutes "évoluent", mais comme la kinésithérapie n'a pas de cursus universitaire, leur évolution ne sert pas directement la kinésithérapie.

Le partenariat avec le CNAM, qui est reconnu comme une université, actuellement c'est la même finalité que les partenariats entre des universités et des IFMK, c'est à dire un DEMK non reconnu, ou si peu, et un autre diplôme.

Ce n'est pas un partenariat qui positionnera la formation en formation curriculaire. Pour que cela soit un bénéfice direct pour la kinésithérapie, il est indispensable que celle-ci soit reconnue par un niveau universitaire, si possible non bradé par nos politiques et notre administration. Cela serait un recul de 20 ans.
Didier LANTZ
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